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Giroflée des murailles

Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi – partie 1

Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi – partie 1

Par une belle soirée de février lilloise... décider de mater la cérémonie d'ouverture des JO de Sotchi avec une semaine de retard. Celle-ci débute par l'alphabet russe, qui peut être utile aux non-russisants pour comprendre pourquoi le Venezuela arrive avant le Japon et la Hongrie avant la Finlande par exemple. Chaque lettre est associée à une spécificité de la Russie, le lac Baïkal, Tchékhov, Nabokov, Tolstoï, Spoutnik, les ballets russes...

Observer que les trois langues d'usage sont dans l'ordre, le français (petite quenelle intellectuelle à Geneviève Fioraso), l'anglais, PUIS le russe, et que Poutine ne chante pas l'hymne national. Pour le nationalisme exacerbé, on repassera...

Noter que c'est l'équipe de Grèce qui défile en premier, pour des raisons historiques, avant de laisser les autres se succéder, dans l'ordre alphabétique.

Après la grosse équipe d'Autriche, voir s'avancer l'équipe d'Azerbaïdjan, un peu plus dégarnie. Puis celle d'Albanie (oui, en russe, le « z » est vers le début de l'alphabet, avant le « l »). Là on se dit qu'on a atteint le seuil minimal de participants.

Et puis arrive Andorre...

Ah tiens, pas d'Angola ? Autres lieux, autres cultures... C'est comme l'équipe des Brésiliens, à peine plus nombreux que les Bosniaques qui les précèdent ; les deux équipes sont vêtues de bleu et jaune (tout comme le Kazakhstan, la Suède, et l'Ukraine d'ailleurs). Ceci dit, ce n'est que partie remise pour la délégation brésilienne qui aura l'occasion de briller à Rio dans deux ans !

Là, fou rire -> oui, oui, les athlètes des Bermudes sont venus en bermudas :p

Les tenues des Allemands ont visiblement été choisies à l'aveuglette dans un bric-à-brac un jour de tempête et de coupure d'électricité :)

La Macédoine ? Non -> « l'ancienne république yougoslave de Macédoine » sans rire, tel est le nom officiel. (On précisera que les anciennes républiques d'Union soviétique ne sont pas nommées comme telles) L'histoire ne s'efface visiblement pas d'un coup de crayon...

Petit pincement au coeur pour l'équipe du Venezuela. Ils sont trois, c'est à dire, deux fois moins nombreux que l'équipe de Hong-Kong (équipe séparée de celle de la Chine malgré le rattachement en 1997), moins nombreux que l'équipe des Îles vierges britanniques ou des Îles vierges des Etats-Unis...

Pas un seul noir dans l'équipe du Zimbabwe...

Hasard de l'alphabet, Israël précède la République islamique d'Iran, avec les commentaires inspirés du commentateur russe que cela amuse aussi ;)

Entre la Mongolie et le Népal (pays dont le drapeau est le seul au monde qui n'a pas la forme rectangulaire/carrée), je découvre l'existence d'une (petite) équipe olympique indépendante (3 personnes), sas attaches nationales, qui défile avec le drapeau olympique.

Lorsque arrive l'équipe de la République de Corée, Ban Ki Moon, secrétaire général de l'ONU, assis, à deux places de Poutine, se lève vigoureusement et avec le sourire pour saluer les siens. Dans la tête des participants, peut-être déjà la perspective des JO d'hiver qui se tiendront en Corée, dans 4 ans ?

Slovaquie : de l'impression étrange que tout le pays est venu, tellement l'équipe est importante, par rapport à ce à quoi on peut s'attendre ! Idem pour la Slovénie.

Etats-Unis : c'est la marée humaine (oui, c'est vrai, je n'ai pas encore vu l'équipe russe). On filme Albert et Charlène de Monaco. Comme la plupart des Occidentaux, de nombreux athlètes étasuniens filment leur défilé avec un téléphone portable / smartphone. S'ensuit un contraste violent, immédiat : s'avance la délégation du Tadjikistan (un peuple majoritairement iranien), saluée par le président Rahmon. Erdogan est là, lui aussi, pour applaudir les Turcs

Ukraine : pas de Femen en vue, ça fait du bien. Tout le monde est habillé. Le président Ianoukovitch agite un large drapeau jaune et bleu qui contraste avec le minuscule drapeau finnois remué par Sauli Niinisto, le président finlandais ; le rang de ce dernier est un peu l'équivalent du président allemand, Joachim Gauck, qui n'a que peu de pouvoir, et essentiellement un rôle de représentation ; la tête de l'exécutif finlandais est assurée par la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt (c'était la minute culturelle de l'article ;) Les tenues des Finlandais sont très seyantes, en bleu lumineux et blanc.

Ça ne fait qu'accroître la déception lorsqu'on découvre celle des Français ; veste grise sur pantalon beige, bienvenue au pensionnat des années 50 ! Très bien, je retire ce que j'ai dit sur l'équipe d'Allemagne, qui était kitsch en diable, mais au moins colorée ! Heureusement que nos athlètes ont la pêche, ça fait un peu oublier leur morne tenue ; en plus, y avait largement de quoi faire un ensemble stylé avec du bleu-blanc-rouge !

Un petit focus sur la tenue de la femme qui ouvre chaque délégation, en portant un panneau avec le nom du pays ; on se situe entre une reine des neiges futuriste, mais souriante, et une extra-terrrestre de Mars Attacks qui porterait un couvre-chef en forme de bois d'élan. C'est sympa, on retiendra une certaine audace, ou une audace certaine, on ne sait plus trop...

La palme de la diplomatie peut être attribuée haut la main au Japon : trop chous, tous ont deux petits drapeaux à la main, le leur, et celui du pays hôte, la Russie !

Mais attention, Japon en russe se dit Япония (Iaponia). Ce mot commence par la dernière lettre de l'alphabet, le «Я». Nous arrivons à la toute fin.

Suspense... une seule équipe n'a pas encore défilé, le meilleur pour la fin ? La voix du commentateur se teinte d'empressement, il annonce « la plus grosse délégation », roulement de tambours, changement de musique, la tribune de Poutine s'est levée comme un seul homme. L'équipe russe entre en scène. Costumes traditionnels élégants, bonnets et manteaux bordés de (fausse ?) fourrure blanche pour les femmes, chapkas et vestes marine fourrées pour les hommes ; femmes et hommes défilent séparément. Ils savourent leur moment de gloire. La caméra tourne, on voit Medvedev, non loin de Poutine.

Le commentateur s'emballe ; ce sont « de grands athlètes russe, de grands Russes ».

Ces jeux qu'on nous décrit dans les médias occidentaux comme les jeux de Poutine, sa chose personnelle, l'expression de la volonté du prince, il semblerait qu'on oublie que ce sont aussi et surtout les jeux des Russes. Ces derniers sont fiers de recevoir les JO sur leur territoire, depuis 1980 où l'URSS avait reçu les JO d'été à Moscou, boycottés par les Etats-Unis et 64 pays dans leur orbite (ouf pas la France héhé :).

Petite transition avec des feux d'artifice.

C'est le moment d'accueillir les mascottes des Jeux. Au nombre de trois, leur design est bien kitsch et enfantin ; ce sont de très mignonnes grosses peluches :) Un ours joufflu en patins à glace (qui a grave le swag), un petit lapin à skis, et une créature indéfinissable, entre le tigre et le renard des neiges en snowboard !

On sent que Ban Ki-Moon est fan, Poutine un peu moins... Le public russe est mitigé, mi hilare, mi « c'est quoi ce foutage de gueule ? ».

Puis vient le moment du grand spectacle. Je m'arrête là par manque de temps, mais relève une belle première partie de cérémonie d'ouverture, n'en déplaise aux commentateurs occidentaux limités par leur anti-poutinisme, devrais-je dire leur anti-russisme conventionnel.

Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi – partie 1

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