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Giroflée des murailles

Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Une ravissante idiote - Charles Exbrayat

Anthony Perkins et Brigitte Bardot dans le film de Molinaro tiré du roman d'Exbrayat

Anthony Perkins et Brigitte Bardot dans le film de Molinaro tiré du roman d'Exbrayat

A Londres, au cœur de la Guerre froide, adviennent parfois des aventures qui défient l’entendement. Comment Harry Compton, un jeune espion soviétique, enrôlé malgré lui par Moscou pour s’emparer de documents ultrasecrets ayant trait à la sécurité de l’OTAN pourra-t-il mener à bien sa mission, alors qu’il est tombé éperdument amoureux d’une jeune fille aussi charmante que sotte ? Cette Pénélope Lightfeather, couturière qui travaille pour la femme de l’amiral qui recèle les documents lui sera d’un précieux secours, mais, on ne sait par quelle malédiction, se révélera également l’auteur de nombreuses bourdes et faux-pas ralentissant la mission et mettant en danger le duo. Adaptée au cinéma en 1964 par Edouard Molinaro qui en modifie légèrement la trame, l’intrigue est portée par le duo principal, Anthony Perkins et l’« ingénue » Brigitte Bardot.

Rédigé dans un style purement britannique, ce roman à rebondissements tient le lecteur en haleine car celui-ci a l’impression permanente que Compton et Pénélope vont se faire assassiner par les services secrets soviétiques. En effet, et c’est là que l’on perçoit que le roman est entièrement ancré dans son époque, le narrateur adopte un point de vue très critique et ironique sur l’URSS en faisant systématiquement passer ses représentants pour des gens bornés, ignorants, dénués d’humour qui emploient fréquemment les mots « oppression capitaliste » ou « vipère déviationniste » pour qualifier l’Angleterre et l’Occident en général. Il fait ressortir de cette façon l’habileté des Anglais dont les services secrets sont bien plus performants puisqu’ils ont organisé eux-mêmes l’intrigue dans laquelle Compton est mêlé, dans le but de faire tomber la tête du réseau d’espionnage soviétique, le tout dans une mise en scène parfaitement huilée, jusqu’au sursaut final, inattendu, qui remet en cause tous les présupposés de départ.

Les railleries indirectes du narrateur amusent au premier abord, puis deviennent lassantes, mais on s’y habitue en remettant l’œuvre dans son contexte. Cette lutte idéologique caricaturale, à prendre au second degré, fait le sel du roman, et le rend très amusant.

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