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Giroflée des murailles

Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Meeting d'Alain Juppé à Lille : l'implacable défenseur de la « France bonne et heureuse »

Meeting d'Alain Juppé à Lille : l'implacable défenseur de la « France bonne et heureuse »

Au lendemain du troisième débat de la primaire de la droite et du centre, les trois candidats désignés comme favoris ont tenu leur dernier meeting, vendredi soir. François Fillon était à Paris, Nicolas Sarkozy à Nîmes, et Alain Juppé au Grand Palais de Lille.

Partant du constat que la France est « malade », le maire de Bordeaux s'est prononcé contre l'immigration illégale et pour un « contrôle effectif des frontières extérieures à l'UE », estimant qu'un contrôle intra-européen, notamment entre la France et l'Allemagne serait un « retour en arrière ». Il a fait l'éloge de la laïcité, la « liberté pour chaque citoyen de pratiquer sa religion », promettant la mise en place d'un code de la laïcité au cours de la prochaine législature, enrichi notamment du « délit d'entrave à la laïcité dans les services publics ». Pour appuyer cette promesse, il a repris l'exemple d'une femme qui refuserait de se laisser soigner par un médecin homme à l'hôpital – sans mentionner sa religion, mais en précisant directement après que « nos compatriotes musulmans acceptent cette conception de la laïcité ». Président, il se montrerait « inflexible sur sites internet qui propagent la haine et le terrorisme. »

 

« Simplifier devrait être l'obsession du prochain quinquennat»

 

Le volet économique de son programme, situé à mi-chemin entre le libéralisme de François Fillon et le protectionnisme de Jean-Frédéric Poisson, a été exposé en ciblant en priorité les entreprises. Fustigeant la politique du partage du travail et les emplois aidés, il a réaffirmé sa confiance dans « ceux qui créent emplois c’est-à-dire les entreprises françaises », promettant une réduction des impôts et des charges patronales.

 

Reprenant des propos tenus au cours du troisième débat des primaires, il a affiché son soutien aux agriculteurs. « Aucune norme française se devrait se rajouter aux normes européennes. La plupart du temps, ce n'est pas Bruxelles qui surlégifère, c'est c'est la France. » a-t-il déclaré.

Érigeant le protectionnisme en « danger », il s'est élevé contre les barrières douanières qui représenteraient « une catastrophe pour la croissance mondiale et la croissance française ».

Sur le dossier éducation, il a répété sa volonté d'instaurer l'autonomie des établissements : « Tout ne doit pas venir de Paris ». Pour le candidat qualifié de favori au début de la campagne des primaires, le rôle de l'école ne doit pas se borner à la transmission des savoirs mais aussi de codes de conduite, de « façons de vivre ensemble » et conduire à la formation d'un esprit critique.

 

« La France est diverse et je n'en démordrai pas. »

 

L'ancien premier ministre a brièvement taclé le nouveau candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron qui veut « faire travailler plus les jeunes que les vieux ».

S'inscrivant en opposition aux propos de Nicolas Sarkozy sur le climat, sans jamais le citer, il a repris à son compte des idées favorables à la protection de l'environnement. « Nous sommes responsables du réchauffement climatique qui est indéniable. » a-t-il jugé. « Le rôle du politique est de vous rendre attentif à ces évolutions. »

Sa vision de la la France est celle de la diversité : « Nous ne sommes pas tous assimilés dans le même moule. On a des origines, des couleurs de peau, des religions différentes et ça, c'est une force, et il faut le respecter. » Refusant pour autant le communautarisme, il estime la diversité de la France apte à la conduire à l'unité.

 

En matière de politique étrangère, celui qui n'aspire qu'à un seul quinquennat envisage de renouer avec une France puissance d'influence mondiale, tout en relançant « l'idéal européen », même s'il reconnaît « ne pas avoir le temps d'en parler ce soir ». Il juge qu'une France hors de l'Union européenne l'amènerait à être un État vassal, « sous l'emprise des grands empires, tel que la Russie, ou la Chine. »

 

Le défenseur de la France « bonne et heureuse »

 

Partisan d'un vaste programme de réformes à effectuer en cent jours, le doyen de la primaire a adopté la stratégie du « tout dire avant pour tout faire après », y compris les mesures les plus difficiles. S'appuyant notamment sur la dernière lettre de la conférence des évêques de France, le porte-étendard de l'identité heureuse a, pour son dernier meeting avant le premier tour des primaires, défendu l'idée d'une France « bonne et heureuse ».

 

Se posant en rassembleur « de la droite et du centre, mais aussi de ceux que nous avons déçus », particulièrement ceux tentés par le Front national ou les demandeurs d'emploi, Juppé a exhorté ses soutiens à se mobiliser dimanche. « Il ne suffit pas de m'applaudir, alors au boulot, mouillons la chemise, il faut convaincre chacun de voter pour moi. »

 

Dans la salle du Grand Palais de Lille, près de 2000 personnes croient en leur champion, entourés par quelques élus du Nord, dont le maire de Roubaix depuis 2014, Guillaume Delbar. Le président de la nouvelle grande région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui n'a pas pris position dans la primaire, n'a pas fait le déplacement. Les soutiens du maire de Bordeaux ne sont pas impressionnés par Nicolas Sarkozy, mais ici et là, quelques inquiétudes se font sentir quant à la remontée dans les sondages de François Fillon, lui aussi ancien premier ministre. Les Jeunes Avec Juppé, confiants, mais moins présents sur les réseaux sociaux, marqués par la dynamique Fillon, sortent de la salle lilloise pour aller trinquer à la santé de leur candidat.

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