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Giroflée des murailles

Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

"Tout-anglais" en école de commerce française : l'indigestion

Atelier "Brand Yourself" (de l'anglais étiqueter) - vends-toi (sur le marché de l'emploi) !

Atelier "Brand Yourself" (de l'anglais étiqueter) - vends-toi (sur le marché de l'emploi) !

Comment diable vais-je engager la conversation durant cet atelier "Brand Yourself" avec la consultante Laurence P. ? Une ébauche d'idée me vient :

"Bonjour, je souhaiterais devenir journaliste francophone dans une rédaction francophone. Ou russophone. Ou sinophone. Limite kazakhe ou pourquoi pas ourdoue.

Mais pas globishophone. Surtout pas. C’est terrible, en prépa j’étais pourtant en spé langues, anglais-russe ; j’aimais bien étudier des textes de William Blake, Hemingway, Faulkner ou encore Richard III de Shakespeare. Mais trois ans passés dans cette école de commerce sise à Roubaix City (USA) m’ont progressivement amenée à une forme de révulsion totale à l’égard de la langue hors-sol, désincarnée, laide et massacrée qu’on appelle l’« anglais » des affaires. Surtout quand elle est parlée par des Français à des Français. Je vous assure, ça provoque presque chez moi une forme de haine viscérale.

Au-delà de mon simple petit cas, quel dommage qu’il n’y ait pas une seule de nos prestigieuses écoles de commerce en France, toutes soucieuses qu’elles sont d’être à la pointe de l’innovation et de l’audace entrepreneuriale, pour engager une réflexion sérieuse sur l’intérêt de mener une stratégie commerciale francophone (notamment à la faveur de l’explosion démographique de l’Afrique subsaharienne). Devrons-nous compter sur le Québec ou la République démocratique du Congo pour remédier à ce que la France a renoncé à faire ? Nous dirigeons-nous vers une macronisation de l'usage du français ? Réservé aux ploucs à domicile, et oublié à l'extérieur. Voire pire, parlé en France dès lors qu'il y a 10 Français + un non Français, parce qu'il est si naturel de basculer sur du globish, et tellement ridicule de vouloir parler un français qu'au fond, pour aller plus vite, nul ne devrait plus apprendre (puisque Dieu créa l'anglais).

Voilà, j’espère que, ces bases à notre conversation étant chaleureusement posées, vous allez vous remember de moi. Bien cordialement"

PS : Quand Juliette (et pas Juliet) écrit à Eléonore V. au sujet d’un entretien avec Laurence P. (qui est certainement moins britannique que E. Lawrence d’Arabie ou Laurence Olivier), quel est le vecteur linguistique logiquement utilisé ? #Indigestion

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