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Giroflée des murailles

Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

A Lille, le meeting no pasaran de Benoît Hamon

A Lille, le meeting no pasaran de Benoît Hamon

Au bien nommé Palais des Sports Saint-Sauveur, c'est pas moins d'un miracle qui était requis pour sauver la campagne de Benoît Hamon. Las, en lieu et place de cette intervention divine souhaitée, Martine Aubry est venue soutenir le candidat d'un Parti socialiste délaissé des siens. Le matin même, l'ancien premier ministre Manuel Valls s'était prononcé pour Emmanuel Macron. Aubry a félicité son camarade, crédité de 10 % d'intentions de vote : « Nous sommes fiers de la campagne que tu mènes », en ciblant en particulier les valeurs de gauche portées par Hamon, contrairement à un Emmanuel Macron « qui aime l'argent et pas les gens. »

 

Marine Le Pen, qui a aussi tenu meeting dans la capitale du Nord dimanche 26 avril, a été le principal sujet du discours du candidat du PS. A tel point que l'on peut se demander si au fond, la plus importante de ces valeurs de gauche dont le PS a la bouche pleine à longueur de journée ne serait pas, tout simplement, la lutte anti-Front national.

« On dit que le FN pose les bonnes questions et apporte les mauvaises réponses : c'est faux ! Le FN n'a jamais posé les bonnes questions. Le Front national transforme la colère légitime des travailleurs en haine de l'autre, en rejet de ce qui est différent » a développé Benoît Hamon. « Marine Le Pen a hérité de son père un statut social, un patrimoine ; c'est une grande bourgeoise qui se prétend femme du peuple » a-t-il affirmé, sans se demander dans le même temps si les fortunés Fabius, Moscovici, Le Guen, Sapin et autres Cahuzac, grands socialistes devant l'Eternel, étaient de meilleurs représentants du peuple.
 

Il l'a attaquée sur le plan social : « Le Pen, c'est l'imposture sociale. Elle s'oppose à l'augmentation du SMIC ; le seul candidat du pouvoir d'achat, c'est moi. »

 

« Voilà la France que vous prépare le Front national : une France aux ordres, une France au garde-à-vous, une France muselée. […] Nous sommes la France qui prépare demain, unie et fraternelle. Nous sommes la France et le FN ne passera pas ! » a lancé un Hamon vibrant d'émotion, à l'acmé de son discours.

Car pris en tenaille entre Macron et Mélenchon, il ne lui reste guère que le no pasaran pour marquer son territoire. Delanoë, Kouchner, Le Drian, Valls… Il ne se passe pas un jour sans que l'on apprenne le (courageux) ralliement d'une figure du Parti socialiste à Emmanuel Macron.

A la gauche du vainqueur de la primaire de la « Belle alliance populaire » - qui comme son nom le suggère, n'est ni belle, ni populaire, ni même une alliance – Jean-Luc Mélenchon mène une campagne de convictions, qui attire du monde, et suscite des envies. Mais Benoît le petit chose ne comprend pas pourquoi le tonitruant Jean-Luc, crédité de 15 % d'intentions de vote, ne veut pas se rallier à son panache rosé.


Pourtant, le no pasaran comme programme politique de premier tour est mort depuis longtemps. Dans le Nord et en PACA aux régionales de 2015, au second tour, il avait encore fonctionné sur le fil du rasoir. Et l'ectoplasme Hamon estime que mener une campagne identique à celle de l'entre-deux tours de la présidentielle de 2002 suffit. À la place d'un programme précis, agiter le retour des années 1930. Il n'est pas sûr à présent, que cette stratégie soit opérante.

 

 

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Jean-Luc 03/04/2017 13:57

Quoi qu'ils disent, les uns et les autres ne pourront qu'appliquer les règles ultra-libérales de l'U.E.
A moins de sortir de ce piège.
Or, qui l'a érigé en préalable de toute possibilité de gouvernance autonome ?
Je crains qu'il n'y en ait qu'un, comme par hasard totalement censuré des grands médias jusqu'à ce qu'il ait ses signatures, François Asselineau.