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Giroflée des murailles

Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Le Parti Chrétien-Démocrate engagé dans les législatives : les convictions passent-elles avant les places ?

Réunion du PCD à Paris le 19 mai

Réunion du PCD à Paris le 19 mai

A l'occasion des élections législatives, le Parti Chrétien-Démocrate a investi 120 candidats, dont près de la moitié de femmes. Depuis 2013, celui-ci est présidé par Jean-Frédéric Poisson, que de nombreux Français ont découvert lors des débats de la primaire de la droite et du centre en 2016.

L'une des particularités du PCD est la mise en avant de convictions, principalement sociétales, que d'autres à droite, auraient évincées de leurs priorités – défense de la famille, opposition au mariage pour tous et à l'euthanasie. Mais l'économie – attachement aux PME, développement d'entreprises à visée sociale – et les relations internationales – mondialisation « équilibrée », coopération internationale, notamment avec la Russie – occupent une part importante du programme de ce parti fondé en 2009. Selon M. Poisson, les candidats du PCD se mobilisent « parce qu’ils refusent d’abandonner les idées qui leur sont chères. » Ce parti ne joue pas sur le « ni droite ni gauche » cher à une partie du FN et à En Marche ! Poisson appelle de ses vœux « une Assemblée nationale de droite, enracinée, de convictions. » Or le président du parti est mis en difficulté dans sa propre circonscription, la 10ème des Yvelines, où il est candidat à sa réélection. Face à lui, la candidate LREM, ex-juppéiste – que vient d’ailleurs de soutenir publiquement Alain Juppé – Aurore Bergé, qui avait, ironie du sort, tracté pour Poisson en 2009. Celui-ci s’était refusé de prendre parti pour Marine Le Pen ou Emmanuel Macron durant l’entre-deux tours.

« A force de ne pas voter pour les personnes qui portent vos convictions, un jour, il n’y en aura plus » souligne le président du PCD. Un discours auquel s'identifie Ida de Chavagnac, candidate de la première circonscription de Paris : « quand je vois la droite classique divisée par les affaires, la recherche de postes – comme on l’a vu au sein du gouvernement récemment formé – et les querelles de programmes, je me demande qui croire, et quelle est leur colonne vertébrale idéologique ». Celle-ci, lanceur d'alerte alors qu'elle travaillait au Crédit agricole, dit se reconnaître dans « un parti qui a remis l’homme au centre, et non pas l’argent, le nombre de fonctionnaires ou le pourcentage d’impôts à modifier. Emmanuel Macron, qui incarne l’alliance des excès du libéralisme et du libertarisme est exactement l’opposé de tout ce en quoi je crois. »

De jeunes candidats pour « une droite de convictions »

Le 19 mai, le Parti chrétien-démocrate avait organisé une réunion afin de présenter les objectifs qu'il s'est fixé pour les élections législatives. Celle-ci s'est déroulée, comme en signe de défi, dans la brasserie Le Concorde, sise à quelques encablures de l'Assemblée nationale, boulevard Saint-Germain. A l'heure où les candidatures sont closes, dix-sept candidats ont été investis sur les dix-huit circonscriptions parisiennes, a rappelé le vice-président et cofondateur du PCD, Franck Margain. Il n'y a pas de candidat du PCD dans le quinzième arrondissement, dont Philippe Goujon, qui a une adjointe PCD, est le maire. De nombreux jeunes sont présents dans la salle, investis dans la campagne des candidats, parfois candidats eux-mêmes ou suppléants. « Vous incarnez pour moi les forces vives de la nation, et les raisons de nous battre » leur lance Franck Margain. Pauline Betton, trente ans, candidate dans la deuxième circonscription face à NKM, Jean-Pierre Lecoq, maire du VIème, et Henri Guaino, a le sentiment sur le terrain que les habitants « sont saoulés par la politique », mais juge que « le renouveau et la jeunesse » ne sont pas l'apanage des candidats d'En Marche. La jeune femme a choisi pour slogan « En Avant », ce qui reflète une certaine manière de faire de la politique. Un membre de son équipe ne se fait guère d'illusions sur l'issue du scrutin, mais juge « extrêmement important de faire progresser le débat d'idées, et de porter dignement nos idées. » Il évoque un rôle d'influence à ne pas négliger afin d'« imprégner » la droite.

Souvent novices en politique, les candidats découvrent les joies du tractage et des séances de collage. « Nous pouvons aller au contact des gens, et défendre sereinement nos idées. C'est toujours mieux que les engueulades anonymes et sans fin sur les réseaux sociaux ! » murmure un jeune homme, suppléant dans les Yvelines. Une étudiante qui tracte à Lyon toutes les semaines est agréablement surprise par les réactions des passants : " ils sont parfois en désaccord avec nos positions mais nous reconnaissent un certain courage de les porter aujourd'hui."

 

Même s'ils sont les adversaires de candidats Les Républicains, il est demandé aux candidats PCD de « ne pas trop taper sur LR » par « prudence » lorsqu'au second tour, ils pourraient être amenés à se prononcer pour ces derniers. Ici, on anticipe une recomposition de la droite – déchirée après la défaite de François Fillon – dans laquelle le PCD espère peser.

 

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