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Giroflée des murailles

Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

La France insoumise place de la République face au « monarque Macron »

Militants de la France insoumise lundi 3 mai (crédits Eléonore de Vulpillières)

Militants de la France insoumise lundi 3 mai (crédits Eléonore de Vulpillières)

Ils avaient décidé de boycotter le Congrès de Versailles, lui préférant la place de la République, moins « monarchique », plus « populaire ». A la mise en scène du Congrès, les Insoumis ont préféré un autre type de rassemblement scénarisé, celui du peuple rassemblé à République. « Nous sommes ici par la volonté du peuple. [référence au mot lancé par Mirabeau, député du Tiers-Etat d’Aix-en-Provence, le 23 juin 1789, ndlr] Et nous qui ne sommes rien, nous disons : soyons tout ! » - en référence aux paroles de l'Internationale, et au mot de Macron sur les personnes qui circulent dans les gares, de « ceux qui réussissent » à « ceux qui ne sont rien ».

Les députés de la France insoumise, ceints de leur écharpe tricolore, se sont réunis à 18h sous le soleil de ce début juillet pour appeler leurs partisans à la résistance contre la « dérive monarchique » d'Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon, en jean et chemise, s'est exprimé après le jeune député du Nord Adrien Quatennens – qui a brandi un Code du travail – et la députée de Paris Danièle Obono – celle qui défendait que l'on puisse dire « nique la France ».

La contestation principale, au-delà du symbole que constitue la ville de Versailles, a consisté en une vive critique de nature institutionnelle : « L'ordre républicain aurait voulu que d'abord le premier ministre parle, que l'Assemblée nationale vote, puis s'il le voulait absolument que le chef de l'Etat fasse connaître sa vision d'ensemble. » a expliqué Jean-Luc Mélenchon, très critique de la manière dont Emmanuel Macron s'est approprié les institutions. Attaqués par le président de la République pour leur « sectarisme », lui qui avait cité Siéyès et Mirabeau comme n'ayant pas « déserté », les députés LFI ont été défendus par un Mélenchon volubile pour qui « ce n'est pas du sectarisme que de refuser de révérer le prince ». Une manière récurrente de désigner le président de la République, également qualifié de pharaon « Toutanmacron » par un Mélenchon avide de bons mots.

Celui-ci a jugé que son groupe avait été bien plus utile en n'allant pas à Versailles, et en préparant des amendements sur la loi d’habilitation visant à réformer le Code du travail. « Pendant que Macron endormait la cour à Versailles, les députés insoumis étaient bien au travail cet après-midi ».

Jean-Luc Mélenchon s'en est également pris à la « démagogie » du président qui souhaite réduire le nombre de parlementaires. « Vous n'avez pas trop de députés, vous n'avez pas trop de communes », a-t-il notamment martelé, opérant une comparaison entre la réforme des régions et celle des parlementaires. « Vous n'en avez pas assez, voilà la vérité. Et vous n'avez pas ceux qui vous représentent. »

 

« Les uns à Versailles, les autres place de la République: chacun dans son monde » a conclu le nouveau député de Marseille tout en appelant les siens à la mobilisation la 12 juillet contre la réforme du Code du travail.

 

Le positionnement pris par les députés LFI se veut un engagement total pour leurs électeurs auxquels ils affirment vouloir rendre des comptes et défendre les intérêts en tout temps. Aussi semblent-ils adopter un modèle horizontal, pour être proche des « gens » - d'ailleurs appelés et harangués ainsi – avec néanmoins toujours la figure tutélaire de Jean-Luc Mélenchon qui surplombe le groupe.

Les slogans sont là : « résistance », « on est là, on est la France insoumise », quelques « Macron dictateur » fusent, mais on sent bien que l'enthousiasme des plus beaux jours de la campagne présidentielle sont derrière la France insoumise. Les militants en sont conscients. « On viendra le 12 juillet, on sera là derrière Jean-Luc, mais on n'a pas grand-chose à espérer ; on essaie juste de gagner du temps », explique Lucas, 25 ans, étudiant en philosophie. Pour Paule, retraitée, « c'est très bien qu'ils continuent à s'opposer au roi Macron, il faut les soutenir car ils seront la seule force d'opposition réelle à l'Assemblée ».

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Jean-Luc 06/07/2017 10:54

Que d'espoirs de gens sincères qui ne voient pas que leur leader ne veut pas sortir du piège oligarchique qu'est l'U.E.
J'ai l'impression que Mr Mélanchon, comme Mme Lepen font semblant de vouloir sortir.
J'aimerai me tromper mais cela ne serait-il pas écrit en clair et de manière juridique dans leurs programmes ? Quelle peine de voir tous ces gens pleins d'espoir attendre en vain depuis des décennies.