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Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Drapeau européen : la fin du feuilleton tourne à la farce

Jean-Luc Mélenchon © Reporters / Abaca

Jean-Luc Mélenchon © Reporters / Abaca

Comme nous l'expliquions dans un précédent article, Jean-Luc Mélenchon et les militants de la France Insoumise se sont, d'un coup d'un seul, avisés qu'il fallait retirer le drapeau européen de l'Assemblée nationale. Pour quelle raison ? Non pas parce que la République française ne reconnaît qu'un drapeau, le drapeau français, comme le spécifie l'article 2 de la Constitution de 1958. Et pas davantage parce qu'il incarnerait la sujétion de la France à des intérêts tiers. Non, tout ceci passait après une raison fondamentale : l'origine religieuse – nous entendrons « chrétienne » du drapeau. « C’est un emblème religieux. La République française ne peut avoir pour emblème un emblème religieux  !C’est le type qui a inventé le drapeau qui le dit !» avait asséné Jean-Luc Mélenchon

 

Ce qui est parfaitement exact. En 1950, le Conseil de l’Europe exprime le souhait de se doter d’un symbole pour représenter les valeurs de l’Europe et son auteur, Arsène Heitz reconnaît s’être inspiré d’une médaille de la vierge Marie. Mais ceux qui choisirent par la suite le symbole final ne revendiquèrent aucune signification religieuse, et aujourd'hui, le site de l’Union Européenne explique que les étoiles sont le symbole « de l’unité, la fraternité et la solidarité ».

Comme tout ce qui est excessif est insignifiant, les velléités de la France Insoumise se sont transformées en l'opposé exact du souhait de départ : au lieu d'aboutir à un retrait de ce symbole, l'exécutif a indiqué sa volonté d'enfoncer le clou européen.

Emmanuel Macron a lancé une procédure pour que le drapeau européen soit officiellement reconnu. « Je suis très heureux à l’occasion de ce conseil européen, là où plusieurs cherchent aujourd'hui a créer des divisions, un repli français, de réaffirmer l’attachement de la France au drapeau et à l’hymne européen ».

Par ailleurs, à côté de ces querelles de symbole, la politique de l'Union européenne continue à faire son petit bonhomme de chemin, en se contrefichant bien de l'avis des députés français. Et de temps en temps, certains d'entre eux le vivent difficilement. Dernier épisode en date : la réaction du député Les Républicains Guillaume Peltier lors des questions au gouvernement du mardi 24 octobre. L'ancien cofondateur de la Droite forte a usé de son temps de parole pour dénoncer le partenariat commercial UE-Canada, qui, selon de nombreux commentateurs, menace directement la viabilité de l'agriculture française et les conditions de travail des agriculteurs. « Le CETA, c'est un déni démocratique. Comment accepter qu'un traité commercial puisse s'appliquer en France sans que le Parlement français et le peuple français n'en soient saisis ? » Ou comment prendre brutalement conscience du fonctionnement même de l'Union européenne, après plusieurs années de torpeur dans le parti qui, avec le PS, a voté en 2007 contre le choix du référendum des Français en 2005... Car le CETA n'est qu'un symptôme de la manière parfaitement anti-démocratique dont fonctionne l'UE – les choix stratégiques sont décidés par des commissaires européens non élus – et du rôle godillot, sur de grands sujets régaliens, que jouent les députés français.

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