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Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Exposition Maria Callas à la Seine Musicale

Maria Callas dans l'opéra Madame Butterfly (jaquette visible dans l'exposition)

Maria Callas dans l'opéra Madame Butterfly (jaquette visible dans l'exposition)

Depuis le mois d’avril 2017, l'ensemble de bâtiments « la Seine Musicale » a ouvert ses portes au public, sur l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt. Jusqu’au 14 décembre, s’y tient une exposition consacrée à Maria Callas, qui est morte il y a quarante ans.

L'idée centrale qui préside à cette belle rétrospective est la découverte de la Callas par elle-même. « Le visiteur est guidé dans l'exposition par la voix de Maria Callas », explique le jeune commissaire de l'exposition, Tom Volf, qui a entendu parler pour la première fois de la cantatrice il y a seulement quatre ans. En début de parcours, le visiteur est équipé d'un boîtier et d'un casque audio de type audioguide, qu'il faut régulièrement biper dans l'exposition, afin d'avoir des commentaires - le plus souvent des extraits d'interviews ou de concerts de Maria Callas.

Née de parents grecs, aux Etats-Unis, la jeune fille à la capacité vocale exceptionnelle développe rapidement son talent musical. Adolescente, en Grèce, après le divorce de ses parents, elle est une élève docile et travailleuse qui apprend vite. Peu avant la trentaine, elle perd une trentaine de kilos, afin de ressembler à Audrey Hepburn dans Vacances romaines, et gardera toute sa vie cette apparence de « longue dame brune », proche de celle de Barbara. Elle commence à faire des tournées dans le monde entier, en Europe, aux Etats-Unis, en Asie : la diva assoluta fascine.

Mais elle crée également des jalousies, et entretient la réputation d’une femme capricieuse. Un cliché pris à Chicago en 1955, alors qu’elle chante dans l’opéra de Puccini Madame Butterfly, fait le tour du monde, alimentant cette rumeur : attaquée en justice par un homme qui prétend être son imprésario, Eddy Bagarozzi, elle reçoit une assignation à comparaître le soir de la représentation, ce qui provoque sa fureur.

Mariée à un Italien de 28 ans son aîné, elle divorce au bout de quelques années, après avoir rencontré le milliardaire grec Aristote Onassis. Elle est profondément meurtrie par le mariage de celui-ci avec Jackie Kennedy, auquel elle ne s’attendait pas et qu’elle vit comme une trahison.

L’exposition retrace aussi bien la carrière professionnelle et artistique de la Callas que ses aventures sentimentales et la fragilité affective de Maria.
Dans la salle 360, à l'acoustique optimale, on entend plusieurs grands airs filmés, projetés sur quatre écrans avec les sous-titres, interprétés par la diva. On écoute des extraits de Tosca, Carmen, Lucia di Lammermoor, Norma, Anne Boleyn... La prestance scénique de Maria Callas est particulièrement visible, elle qui a su marquer de son empreinte l'interprétation des airs d'opéra, par sa remise à l'honneur du bel canto italien, et le fait qu'elle joue véritablement les rôles - au lieu de simplement les chanter. On découvre des extraits vidéo inédits, des interviews intéressantes et parfois intimistes, comme celle où elle témoigne de sa complicité musicale avec le chef d’orchestre français Georges Prêtre (décédé en janvier dernier).

On décèle quelques points communs entre la cantatrice classique et la chanteuse de variété Dalida - à qui une exposition au musée Galliera avait été consacrée il y a peu. Ces deux femmes d'origine méditerranéenne, l'une Italienne, l'autre Grecque, incarnaient une certaine féminité, mais ont rencontré de grandes difficultés avec les hommes, et n'ont pas eu d'enfant. Elles sont mortes dans la solitude, à dix ans d'intervalle, à l’âge de 54 ans.

En somme, une belle et longue exposition à la rencontre d’une femme magnétique, séduisante, souriante, qui a sans doute fini sa vie seule et malheureuse dans son grand appartement parisien de l'avenue Georges Mandel, dans le XVIe arrondissement.

La Seine Musicale

La Seine Musicale

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