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Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Ouverture de l'espace Paul Landowski au musée des Années Trente

Les fils de Caïn, sans date, bronze ; crédit : E. de Vulpillières

Les fils de Caïn, sans date, bronze ; crédit : E. de Vulpillières

A Boulogne-Billancourt, à quelques encablures de la mairie se dresse, depuis 1939, le musée des Années Trente. Depuis le 14 septembre dernier, on peut découvrir au quatrième étage du musée l'espace Paul Landowski. On y trouve la plus importante collection au monde des œuvres de ce sculpteur qui s'installa à Boulogne à trente-et-un ans, en 1906, et y mourut en 1961. Issu d'une famille d'origine polonaise par son père, il suit à dix-huit ans des cours de portrait de l'Académie Julian puis est admis deux ans plus tard aux Beaux-Arts. Prix de Rome en 1900 pour son David combattant Goliath, il séjourne à la villa Médicis à Rome. En 1916, il participe à la bataille de la Somme et reçoit la croix de guerre. Dans les années 1920 et 1930, il est l'un des artistes les plus sollicités en matière de commandes publiques, notamment pour les monuments aux morts – il en réalise 23, au total – mais aussi de sculptures rendant hommage aux pionniers de l'aviation, comme celle réalisée en mémoire de Wilbur Wright, en 1920. Les expositions universelles, dont celles organisées par la France en 1925, 1931 et 1937 encouragent nettement cette tendance à la sculpture monumentale. Landowski, à l'abri du besoin, aura donc la latitude de se consacrer à son grand projet, Le Temple de l'Homme. Nommé d'après une expression de Paul Valéry, ce lieu est pensé comme un centre d'accueil de manifestations publiques et de spectacles : présenté en 1925 à l'Exposition des arts décoratifs de Paris, le projet sera travaillé jusqu'en 1950, mais finalement jamais réalisé. On découvre au musée le groupe biblique des Fils de Caïn, censé figurer sur le parvis, ainsi que trois murs, tous centrés sur la thématique de l'homme seul et héroïque : le mur de Prométhée, le mur du héros, et le mur du Christ. On y distingue des frises inspirées de l'Antiquité grecque, mais aussi de l'hindouisme, de l'Orient mésopotamien, et du Moyen-Âge.

 

De nombreux monuments réalisés par Landowski se trouvent disséminés dans le monde. C'est lui qui réalisa le Christ Rédempteur du Corcovado, surplombant la ville de Rio de Janeiro, et devenu depuis le symbole du Brésil. Commandée en 1924 par l'archevêque du lieu, la statue fut tout d'abord réalisée, sous forme d'une première version haute de 4 mètres, dans le studio boulonnais de l'artiste. Par la suite, elle sera agrandie en béton armé (30m) et soutenue par une structure métallique conçue par l'ingénieur français Albert Caquot. Notons aussi le monument à Sun Yat-sen, premier président de la République populaire de Chine, inauguré en 1930 à Nankin.

 

En se promenant dans Paris, on peut voir plusieurs œuvres de l'artiste, telles que la statue de Sainte-Geneviève protégeant Paris, érigée en 1928 sur le pont de la Tournelle, Montaigne méditant, depuis 1933 sur la place de la Sorbonne, les fontaines situées au centre de la place, porte de Saint-Cloud, ou encore le monument aux morts de la guerre de 1914-1918, place du Trocadéro, inauguré en 1956.

 

Notons enfin plusieurs petites statues touchantes, visibles au début de l'exposition. Ce sont de jolis bronzes, aux thèmes antiques ou orientaux (inspirées des voyages de Landowski en Afrique du Nord) comme Héraclès et la biche aux pieds d'airain (1922), La danseuse de serpents (1914), Le voleur d'oranges (1923) ou encore Le fakir aux serpents (1903).

La becquée, 1919-1920, marbre

La becquée, 1919-1920, marbre

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