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Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Union européenne : vers une recomposition des opposants sur la scène politique française ?

Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Robert Ménard, trois acteurs du débat concernant l'Union européenne

Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Robert Ménard, trois acteurs du débat concernant l'Union européenne

Depuis la fin de l’épisode présidentiel qui a rythmé la vie politique et médiatique de notre pays depuis un an, il est intéressant d’observer la recomposition politique autour d’un thème central : la question européenne. Depuis la démission provoquée (de part et d'autre) de Florian Philippot, le Front national est divisé sur le sujet. Un certain nombre de cadres, et de personnes influentes proches du FN comme Emmanuelle et Robert Ménard estiment que l'UE est un sujet secondaire, et que désormais, il faut l’écarter pour lui privilégier des thématiques jugées plus fédératrices – les 3 i, pour aller vite : immigration, identité, islam. Il n’y a qu’à lire ce que Robert Ménard déclarait le 15 octobre, dans un entretien paru dans la publication qui lui appartient, Boulevard Voltaire : «  Je constate que la présidente du Front national fait maintenant l’impasse sur la sortie de l’euro. Et je m’en félicite. J’entends même une petite musique sur le thème : voilà tout ce que nous pouvons faire sans sortir de l’euro. Une véritable révolution copernicienne pour un parti que nous expliquait jusqu’ici que rien ou presque n’était possible tant que nous n’aurions pas rompu avec la monnaie européenne… Tout cela va dans le bon sens. »

En effet, Marine Le Pen est revenue fin septembre sur le préalable que constituait la sortie de l’euro durant la présidentielle. « Celle-ci n’est plus un préalable, parce que nous avons entendu les Français », a-t-elle déclaré sur le plateau de BFMTV, interrogée par Jean-Jacques Bourdin.

 

Dans un mouvement inverse, Jean-Luc Mélenchon et les siens semblent devenir de plus en plus anti-UE - parfois en reprenant, sans cependant aller jusqu’au bout du raisonnement, des arguments évoqués durant la campagne présidentielle par le candidat François Asselineau, parfois repris textuellement. Et en saupoudrant le tout, comme s’il s’agissait de ne jamais oublier la bouffonnerie pour discréditer tout le reste, d’arguments anti-chrétiens datés, comme le fut le débat sur le drapeau de l’UE qui serait une entorse à la laïcité républicaine. Jean-Luc Mélenchon a donc pris la parole à l’Assemblée nationale le 10 octobre, développant plusieurs arguments critiques à l’égard de l’Union européenne, qu’il n’avait jamais employés jusqu’à présent. Par exemple, le leader de la France insoumise a évoqué la nécessité de la fin de l’indépendance de la banque centrale européenne, l’impossibilité du remboursement des dettes souveraines, la cherté de l’euro pour bon nombre d’économies européennes à commencer par la française, le besoin d’un retour au contrôle des mouvements de capitaux, ou encore le fait que la France soit un pays universaliste, présent sur les cinq continents, qui ne serait donc pas limité à une perspective exclusivement européenne etc. Autant d'arguments qui, sur ce thème bien précis, auraient été hier recevables par le FN.

 

Ainsi, le combat anti-UE se bipolarise plus que jamais, des deux côtés de l'échiquier, alors qu'auparavant, il était plus ancré et identifié à droite. Assistons-nous à un rééquilibrage de l’opposition à l’UE ? Une sorte de recomposition du clivage « extrêmes » vs. centristes qui a existé en 2005 lors du référendum sur le traité constitutionnel européen ? L’avenir nous le dira.

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