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Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Emily Ratajkowski, Jeremstar et les réseaux sociaux - Radio Notre-Dame : chronique du 18 janvier

Emily Ratajkowski, Jeremstar et les réseaux sociaux - Radio Notre-Dame : chronique du 18 janvier

En remplacement de Louis-Marie Picard, ce matin sur Radio Notre-Dame, une chronique "Buzz de la semaine" 100% réseaux sociaux.

Podcast audio disponible ici.

https://radionotredame.net/emissions/un-jour-une-idee/18-01-2018/

Cette semaine, certains utilisateurs des réseaux sociaux ont cloué au pilori… une marque de shampoing.

En effet, c’est bien Kérastase, marque quinquagénaire de soins capillaires du groupe L’Oréal, qui a fait les frais de la susceptibilité de certains internautes. La mannequin américaine Emily Ratajkowski a annoncé il y a 8 jours qu’elle devenait l’égérie de la marque, par le biais de cette publication sur Instagram : JE CITE « Les cheveux sont une partie fondamentale de la beauté, de la féminité et de l’identité. Tellement heureuse d’annoncer que je suis le nouveau visage de Kérastase ! »

Malheur ! Une horde de commentaires indignés se sont déversés durant la journée, puisque la corrélation entre la féminité et la chevelure d’une femme a paru scandaleuse à certains. Toute la littérature du monde promeut les cheveux – mais pas uniquement – comme un attribut féminin par excellence, outil de séduction et objet de fantasme, magique parfois, comme dans Raiponce, des frères Grimm aux studios Disney.

Mais peu importe. N’écoutant que leur courage, ces nobles combattants de la justice sociale ont argué que certaines femmes, malades ou subissant des traitements qui provoquent la perte des cheveux tels que la chimiothérapie, pouvaient être blessées par ce message.

JE CITE « C’est affreux d’insinuer qu’une femme qui perd ses cheveux pour des raisons héréditaires ou qui parce qu’elle est malade n’est pas belle ou féminine. »

La mannequin a ensuite supprimé sa publication, et Kérastase s’est excusée pour le scandale provoqué.

Cette polémique n’est-elle pas finalement dérisoire ?

Certainement ! Mais elle nous fait comprendre l’effet démultiplicateur des réseaux sociaux dans un phénomène de groupe. Parce que certains hurlent leur indignation au sujet d’une affirmation somme toute banale, les marques, désireuses de ne pas faire de vagues, en viennent à entrer dans le jeu des outrés. Etre dans le vrai ne compte plus ; il suffit d’être indigné.

Car évidemment, personne n’a affirmé que les femmes chauves étaient des sous-femmes. Mais en remplaçant la logique par des pulsions tweetesques, on arrive à des erreurs de raisonnement.

C’est-à-dire ?

Le paralogisme est un raisonnement faux qui apparaît comme rigoureux et où le locuteur est de bonne foi. « Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat, » explique le Logicien au vieux Monsieur, dans la pièce Rhinocéros d’Eugène Ionesco.

Ici, le raisonnement capillotracté que les indignés 2.0 ont pensé débusquer a été le suivant : « Les cheveux sont un signe de féminité. Certaines femmes sont dépourvues de cheveux. Donc ce ne sont pas de vraies femmes. »

La susceptibilité maladive et le panurgisme des réseaux sociaux ont fait le reste. Avant, ces geignards amateurs se seraient rapidement trouvés isolés. Grâce au net, tous les pleureurs forment un efficace syndicat de la grogne.

Jeremstar, blogueur et chroniqueur de télévision est-il en train de vivre le même phénomène de meute ?

Je ne saurais mettre ces deux situations sur un pied d’égalité… Ce blogueur ultra-médiatique, notamment auprès des jeunes adolescents, via son compte Instagram et ses interventions télévisées, vient d’être mêlé à un scandale impliquant un ami proche, Pascal Cardonna, coordinateur numérique à France Bleu. Ce dernier aurait profité de sa proximité avec Jeremstar pour obtenir des faveurs sexuelles d’adolescents, en leur faisant miroiter de rencontrer leur idole.

Au départ de cette sombre histoire, un jeune blogueur de 19 ans, Aqababe, qui furieux de s’être fait piquer une vidéo sans avoir été crédité par Jeremstar, a balancé sur les réseaux sociaux un nombre important de vidéos, dialogues, et SMS compromettant. L’affaire déchaîne les passions, tant le personnage de Jeremstar, connu pour ses sarcasmes envers les acteurs de téléréalité et sa précipitation à participer au mouvement #BalanceTonPorc a pu susciter vénération et détestation. Après l’avoir adulé, Twitter, Instagram et Snapchat sont en train de le brûler.

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L
" Twitter, Instagram et Snapchat sont en train de brûler Jeremstar", chérie s'il a servi de rabatteur à un pédophile où est le souci ? <br /> Doit on défendre la ligue LGBT quel qu'en soit le prix ou la cause parce que LGBT ?<br /> Bonjour chez vous
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