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Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

PMA ouverte aux couples de femmes : divergence d'opinion interdite à La République en marche

PMA ouverte aux couples de femmes : divergence d'opinion interdite à La République en marche

A la République en marche, on prétend être un mouvement de citoyens, ouvert à la discussion… à condition que la discussion n'aille que dans un seul sens. On reproche souvent aux députés LaREM d'êtres falots et pâlots, incolores et inodores, de fleurer bon les godillots de la Troisième République. Mais dès que quelqu'un s'élève pour porter un discours différent, il est généralement « recadré » comme on dit dans un certain jargon journalistique, c'est-à-dire contredit publiquement, humilié voire menacé. C'est ce qui est arrivé à la députée de l'Oise Agnès Thill qui n'a pas adopté, sur l'extension de la PMA aux couples de femmes, la même ligne que l'intégralité de son parti.

 

Jeudi 8 novembre, Agnès Thill a provoqué le courroux de quelques collègues de son parti La République en marche, en dénonçant «un puissant lobby LGBT» (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres) à l'Assemblée nationale, dans un message publié sur Twitter.

PMA ouverte aux couples de femmes : divergence d'opinion interdite à La République en marche

L'élue s'est d'abord élevée contre le «café citoyen» organisé à Paris par la députée LaREM Elise Fajgeles, pour débattre de la PMA, en présence d'une juriste et d'une sociologue du droit et de la famille. «Est-ce “s'informer” s'il n'y a qu'une version donnée?», a demandé Agnès Thill. «Tu es la bienvenue pour débattre avec nous Agnès!», lui a répondu sa collègue Élise Fajgeles, se plaçant dans le fauteuil de la personne large d'esprit qui accepte le débat et la contradiction.

Il faut préciser que cette dernière était la suppléante de Benjamin Griveaux lorsqu'il fut élu député en juin 2017. Un mois plus tard, nommé porte-parole du gouvernement, il lui céda son siège de député de la cinquième circonscription de Paris (qui regroupe les 3e et 10e arrondissements).

 

Je cite ce résumé factuel sur le site du Figaro :

 

Face à la pression, l'élue de l'Oise a dit «regretter» ses propos. «Je ne juge aucune vie personnelle. Revenons sur le fond. Et que chacun puisse s'exprimer sereinement. Je m'y engage», a-t-elle écrit sur Twitter. Dans une lettre, Philippe Grangeon, délégué général de LaREM par intérim, et Gilles Le Gendre, président du groupe LaREM à l'Assemblée, adressent à la députée un avertissement: «Ce n'est pas la première fois que nous sommes amenés à te mettre en garde contre les excès que revêtent parfois tes prises de position publiques. Au moment où nous souhaitons tous que le débat sur la bioéthique (prévu début 2019) se déroule dans un climat apaisé, ce sera la dernière».

 

Sous couvert de menace, Le Gendre – sous la forme inélégante et mesquine d'une lettre ouverte condescendante – et Griveaux – sur Twitter –, tous deux « étoiles montantes » de LaREM, qui seront très actifs au moment des municipales à Paris, en 2020, font régner l'ordre idéologique au sein de leur parti, où il est si peu indiqué de se prononcer contre l'opinion dominante. Pourtant ce n'est pas que l'expression « lobby gay » soit intrinsèquement insultante. Un lobby est simplement un groupe d'intérêt qui milite pour que ses intérêts soient représentés auprès des élus. Si elle est ici proscrite, c'est qu'elle a été utilisée par des milieux d'extrême droite, et que par conséquent, est « absolument inacceptable et n’a pas sa place dans le débat public », comme l'a souligné Benjamin Griveaux. Fermez le ban !

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