Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Arts du spectacle : préférez-vous un opéra d'Haendel ou un entretien avec Emmanuel Macron ?

Arts du spectacle : préférez-vous un opéra d'Haendel ou un entretien avec Emmanuel Macron ?

Sur la matinale Ligne Droite, ma chronique du jeudi 16 décembre est à retrouver ici vers 7h20 :  https://www.radiocourtoisie.fr/2021/12/16/ligne-droite-du-16-decembre-2021/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ligne-droite-du-16-decembre-2021

Texte de la chronique ci-dessous :

 

Et on me dit ce matin Eléonore que vous avez assisté à un grand spectacle hier soir.

Eh oui Clémence, un spectacle marqué par un jeu d’acteur brillant, des personnages crédibles, animés par des sentiments sincères et une forte sensibilité. 

 

Ah oui, vous avez regardé l’entretien sur TF1 accordé par Emmanuel Macron !

Alors pas du tout ! J’ai assisté à l’opéra Garnier à une représentation du magnifique opéra de Haendel, Alcina. L’histoire est inspirée d’Orlando furioso, le Roland furieux du poète italien L’Arioste. Alcina est une magicienne qui tient sous sa coupe tous ses anciens amants qu’elle a transformés en rochers, en ruisseaux, en arbres ou en animaux. Elle a ensorcelé un jeune homme Ruggiero, rôle qui à l’époque était chanté par un castrat, et qui hier était incarné par la mezzo-soprano Gaëlle Arquez. Mais la femme de Ruggiero débarque sur l’île d’Alcina pour récupérer son mari et le tirer des griffes de la sorcière. Je vous laisse écouter quelques secondes d’un des airs les plus célèbres de Ruggiero.

 

SON RUGGIERO

 

 

Donc évidemment, vous étiez trop occupée pour suivre l’entretien d’Emmanuel Macron.

Hélas, trois fois hélas, j’ai manqué de temps pour visionner ce bijou du 7e art. Et alors que j’écoutais une ensorceleuse de théâtre, se produisait dans un de ses rôles de composition les plus travaillés un ensorceleur de télévision. Alors certes j’ai pu suivre un peu ce qui se disait de réjouissant sur les réseaux sociaux, entre le mot-dièse Jean-Michel Trogneux en tendance depuis 3 jours et le mot-dièse #MacronEstUnPsychopathe monté en sauce depuis la matinée par Florian Philippot. Sans compter le #BoycottMacron21h qui soulignait l’enthousiasme patent des internautes pour cette comédie à gros budget. Visiblement les sortilèges de Merlin L’Enchanteur s’estompent avec le temps. Surtout qu’hier, Emmanuel Macron a abordé le thème fort impopulaire de l’obligation vaccinale.

 

MACRON OBLIGATION

 

 

On ne s’y attendait pas du tout…

Ni au retour du superbe “celzéceu”. Alors qu’en juillet dernier, le président et tout son gouvernement juraient leurs grands dieux qu’il n’y aurait pas d’obligation vaccinale, et qu’il fallait faire le choix de la confiance. O tempora, o mores! Juillet 2021, nous parlons déjà d’une époque enfouie dans les limbes, et de promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent. Mais revenons à la représentation d’hier, Clémence, car ce n’était malheureusement pas du spectacle vivant, mais un téléfilm tourné dimanche et diffusé en différé. Il fallait, selon Emmanuel de Villiers, frère de Philippe, saluer la “prouesse logistique de TF1 devenue la chaîne du froid avec l'interview du Président au congélateur depuis dimanche”. Mais il me semble que cet entretien témoignait aussi d’un admirable jeu d’acteur, qui nous a permis de saisir toute la sensibilité du président.

 

MACRON SENSIBLE

 

Le Président est sensible. Le président a appris. Vous vous souvenez évidemment Clémence de l’importance du théâtre dans le mythe originel d’Emmanuel, élève brillantissime du Lycée de la Providence, qui à 15 ans, incarnait le rôle d’un épouvantail dans La comédie du langage de Jean Tardieu. Une représentation mémorable puisque c’est à cette occasion que Brigitte, que des internautes facétieux ont rebaptisé Jean-Michel depuis trois jours, a repéré le phénix des acteurs. De l’épouvantail de 1993 au président réfléchi qui fait son bilan - avant son hypothétique dépôt de bilan - la performance s’est certes un peu essoufflée. Mais pour justifier ses changements d’orientation ces derniers mois, sur la crise de l’hôpital ou l’obligation vaccinale, le président de la République a répété à 314 reprises qu’il était humble. (attendez je m’entraîne à le jouer) : Cette crise «m'a appris comme à nous tous ce qu'était la vulnérabilité et l'humilité, auxquelles vous devez être confronté. Elle m'a fait (prendre conscience) des inégalités les plus insupportables qui puissent exister.» Concernant son image, qui avait été dégradée lors d’un déplacement dans les Antilles : "Il faut protéger la fonction présidentielle, c'est ce que j'ai appris”. C’est ce qu’on avait pu voir lors d’une inoubliable soirée de juin 2018 à l’Elysée, lors de la fête de la musique, en compagnie de danseurs en lunettes noires, talons hauts et bas résille.

 

MACRON SOIRÉE RÉSILLES ELYSEE

 

Arts du spectacle : préférez-vous un opéra d'Haendel ou un entretien avec Emmanuel Macron ?


Donc finalement, vous ne regrettez pas d’avoir préféré l’opéra à l’entretien présidentiel !

Évidemment, puisqu’il y a plus de crédibilité et de sincérité dans un Ruggiero joué par une femme que dans un adolescent narcissique de 43 ans qui joue au président ivre de sa pseudo-humilité. Quitte à aimer les arts du spectacles, préférons les professionnels aux amateurs.

 

SON ALCINA FINAL 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article