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Giroflée des murailles

Blog d'Eléonore de Vulpillières. Je m'intéresse à l'actualité qui touche le discours politique, l'Union européenne, et la vie des idées. (Plus la Russie et la Chine)

Turandot à Bastille : une mise en scène magnifique

Turandot à l'Opéra Bastille jusqu'au 30 décembre

Turandot à l'Opéra Bastille jusqu'au 30 décembre

Sur la matinale Ligne Droite, ma chronique du vendredi 3 décembre est à retrouver ici vers 8h40 :  https://www.radiocourtoisie.fr/2021/12/03/la-derniere-ligne-droite-du-3-decembre-2021/ 

Texte de la chronique ci-dessous :

Aujourd’hui, vous avez choisi de nous parler de l’opéra de Puccini, Turandot.

C’est un des plus beaux opéras qui existent, et il est donné jusqu’au 30 décembre à l’Opéra Bastille. L’opéra a été créé en 1926 à la Scala de Milan sous la direction de Toscanini, c’est le dernier de Puccini. Il est inspiré d’une comédie du 18e siècle de Carlo Gozzi. Dès la levée du rideau, nous sommes plongés dans l’univers d’une Chine impériale immémoriale.

 

En quelques mots, de quoi parle cet opéra ?

Turandot (Tourandotte à l’italienne), c’est l’histoire d’une féroce princesse de Chine, Turandot. Celle-ci n’acceptera de se marier qu’au prétendant qui résoudra 3 énigmes qu’elle a inventées. S’il échoue, il est décapité. Surgit alors Calaf, le "prince inconnu”, fils de Timur roi détrôné des Tartares, en exil et aveugle. Liù, jeune esclave, guide de Timur est secrètement amoureuse de Calaf. Au début de l’opéra, Calaf vient d’assister à l’exécution du prince de Perse, un énième prétendant qui n’a pas su résoudre les trois énigmes… et pourtant, il tombe éperdument amoureux de Turandot !

 

Turandot à Bastille : une mise en scène magnifique

Personne ne tente de le dissuader de se soumettre à l’épreuve ?

Mais si, absolument tout le monde !  Les trois ministres Ping, Pang et Pong, qui ont une partition à la fois burlesque, mais un message sérieux : ne risque pas la mort pour Turandot ! Evidemment la jeune Liu qui est amoureuse de Calaf. Et jusqu’à l’empereur lui-même, le père de Turandot, qui est las que sa fille fasse couler des fleuves de sang en mettant à mort les meilleurs jeunes gens venus de Mongolie, d’Ouzbékistan ou de plus loin encore pour épouser sa fille. Sur scène on voit alors descendre l’empereur, le fils du ciel que son empire révère. Figé dans sa grande robe d’apparat, il dissuade à trois reprises le jeune Calaf de se soumettre aux trois énigmes. En vain…

 

Et finalement, Calaf trouve les réponses ?

Evidemment, sauf qu’à la fin, contrairement à son engagement, Turandot refuse absolument de respecter son marché. Elle ne veut pas épouser Calaf. Profondément marquée par le viol d’une aïeule, elle nourrit une détestation des hommes qui semble insurmontable. Calaf, qui vient pourtant d’accomplir un exploit que nul n’avait atteint avant lui, décide de s’ajouter une épreuve supplémentaire : si Turandot trouve son nom avant l’aube, elle sera délivrée de son pacte, et il sera décapité. Toute la ville est alors en alerte pour essayer de trouver le nom du prince inconnu. Nous sommes au début de l’acte 3. “Que nul ne dorme” chante Calaf, dans ce qui demeure un des plus grands airs d’opéras du XXe siècle, c’est le fameux Nessun dorma.

 

SON Pavarotti

Qu’est-ce qui vous a plu dans la mise en scène de l’Opéra Bastille ?

Précisons tout d'abord que la mise en scène est signée Robert Wilson. Les décors sont épurés mais restent fidèles à l’esprit chinois. La lumière met magnifiquement en valeur les comédiens, dont le visage est tout blanc comme des masques. Les tableaux comportent des emprunts au théâtre nô ! Il y a de magnifiques allusions au théâtre d’ombres chinoises. Sans parler de l’orchestre, dirigé par le chef vénézuélien Gustavo Dudamel.

 

Et quels sont les personnages marquants ?

Calaf évidemment incarné par Gwyn Hughes Jones. Valeureux, courageux et très amoureux, il ne baisse jamais les bras face à l’adversité. Turandot également, dans sa robe rouge entre tradition chinoise et stylisme épuré. Hiératique et glaciale, elle finira par avoir le cœur conquis par Calaf. La jeune esclave Liu, personnage au coeur pur qui finit par se sacrifier par amour pour Calaf joue une partition extrêmement touchante. Enfin, il faut saluer la performance du trio comique des ministres Ping, Pang et Pong ! L’un est grand chancelier de Chine, l’autre le grand maître des provisions et le dernier, grand maître de la cuisine impériale. Ils ont un rôle de divertissement : ils réalisent des pantomimes assez amusantes, avec des démarches loufoques, et des sauts burlesques. Mais ces personnages sont plus subtils qu’il y paraît au premier abord, puisqu’on décèle une certaine profondeur dans leur discours sur la lassitude d’un pouvoir tyrannique, ou leur désir de se retirer à la campagne, loin de cette vie de cour malsaine. Toutes leurs pitreries allègent l’argument de l’opéra.

Pour conclure, à la fois pour la beauté de la musique, et la qualité de la mise en scène, je vous conseille vivement d’aller voir Turandot sur scène à l’opéra Bastille. C’est jusqu’au 30 décembre. Les deux dernières années nous ont appris à apprécier le spectacle vivant !

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