Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
L'ère de la scène

Site d'Eléonore de Vulpillières. Recensions d'essais, pièces de théâtre, expositions... mon site propose des sujets relatifs à la scène culturelle.

Publicité

L'itinéraire d'Alexandre Devecchio, "petit blanc" de banlieue

L'itinéraire d'Alexandre Devecchio, "petit blanc" de banlieue
Publicité
L'itinéraire d'Alexandre Devecchio, "petit blanc" de banlieue
L'itinéraire d'Alexandre Devecchio, "petit blanc" de banlieue
L'itinéraire d'Alexandre Devecchio, "petit blanc" de banlieue

Cette recension est parue initialement dans le numéro 390 de La Nef, paru en avril 2026.

« Je dois commencer par cet aveu. A bien des égards, je suis un bobo ». C’est par ces mots que démarre le récit d’Alexandre Devecchio, Nous vivions côte à côte (Fayard). Journaliste au Figaro depuis plus de dix ans, Devecchio a l’honnêteté de ne pas offrir un récit misérabiliste au lecteur. Il retrace pourtant avec sincérité son « itinéraire d’un petit blanc de banlieue », sous-titre du livre. Epinay-sur-Seine, ville de Seine-Saint-Denis où il grandit et vécut jusqu’à l’âge de 27 ans, est croquée avec la tendresse de celui qui relate une enfance heureuse. Son père, dont le père était italien, et sa mère, portugaise, tous deux commerçants, décident de s’y installer à la fin des années 1970, en achetant un pavillon. En quelques années, Epinay change de visage ; de ville populaire où cohabitent provinciaux, Parisiens, immigrés italiens, portugais, maghrébins, pieds-noirs, elle devient une terre marquée par la montée de la violence et du trafic de drogue, où les jeunes d’origine nord-africaine et turque sont majoritaires. De cocon, la petite maison de banlieue devient prison. Ce récit mêle l’histoire personnelle du journaliste – ses études à l’université Paris-VIII, qui devient le berceau des discours décoloniaux, ses débuts au Bondy Blog qui bascule dans un antiracisme dévoyé – à de l’analyse de faits récents, comme les émeutes de 2005, celles de 2023, ou les élections présidentielles de 2012. Il met de la chair sur l’évolution démographique et l’assimilation ratée des populations immigrées depuis trente ans. On découvre M. Tréjau, maître d’école respecté, hussard sévère mais juste et bienveillant à l’école Pasteur d’Epinay, qui reçoit un blâme de l’Education nationale après des années d’enseignement, alors que les tensions communautaires progressent dans la ville. Adolescent, à quelques encablures du lycée Suger de Saint-Denis, l’auteur se fait agresser dans la rue par des racailles ; venu le récupérer, son père, sous le coup de la colère, excédé par un événement qu’il juge être la goutte de trop, lance au surveillant, d’origine nord-africaine « je ne suis pas raciste, mais cette fois, je vote Le Pen ! ». Devecchio propose un récit de la banlieue, de « sa » banlieue. Un témoignage incarné, juste et dépourvu d’acrimonie. Il illustre une tendance de fond, et c’est ce qui en fait tout le sel.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article